
Au terme et au sommet spirituel de son livre de vulgarisation sur l’exégèse des quatre évangiles, le père Lagrange écrit : « Il y a là un envahissement des choses divines, qui étonne la raison. C’est l’insertion de la divinité dans l’humanité, la nature humaine participant par la grâce à la nature divine, une telle prodigalité de dons, des exigences si hautes qu’une raison trop courte en est écrasée plutôt qu’attirée. On est tenté de dire que c’est trop beau !
Mais en dehors, il n’y a rien, rien qui compte pour nous, rien qui porte la marque de l’infini. Nous voilà en face du néant. Où aller, Seigneur ? Il ne reste qu’à se renfermer dans un doute fastueux – ou désespéré. Ou plutôt à se serrer autour de Pierre qui dit toujours : « Vous avez les paroles de la vie éternelle », et à s’abandonner à l’étreinte de Dieu en Jésus Christ. »
De son côté, le cardinal Tauran partage la même expression « étreinte de Dieu » pour exprimer l’union du Fils de Dieu avec l’humanité dans le mystère de l’Incarnation et de la Croix : « Pour le grand apôtre (saint Paul), le centre de l’unité,

vers laquelle l’humanité doit nécessairement converger, est la personne du Christ. Souvent, il se plaît à souligner le rôle non seulement cosmique, mais salutaire de la Croix et de la Pâque qui ont fait du Christ le Kyrios, Seigneur de l’humanité et de l’Histoire. En outre, c’est dans le « mystère » de la Croix que Paul voit l’étreinte de l’humanité tout entière, réconciliée après les déchirements et les divisions qui, de son vivant, étaient représentées par la double réalité du monde religieux hébraïque et du monde religieux gréco-romain ».
C’est ainsi que Jésus le Christ s’unit à tout homme accomplissant le mystère de la Rédemption par l’Incarnation et la Croix. Ce mystère commencé dans le sein de la Vierge Marie s’accomplit dans l’élévation de la croix et dans la mort de Jésus. En partageant la condition humaine jusqu’à la mort, le Fils de Dieu, qui a pris sur lui le mal et le malheur de l’humanité entière, partage la gloire de sa divinité à ceux qui mettent leur confiance en Lui.
L’humanité de Jésus le Christ semblable à celle de tous les hommes, excepté le péché, constitue le commun dénominateur de Dieu avec le genre humain : « Par son incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme. » (Concile Vatican II, Gaudium et spes, n°22).
La Croix et la mort de Jésus représentent le sommet de l’amour de Dieu plus fort que la mort.
Ressuscité d’entre les morts le matin de Pâques, Jésus accomplit sa prière sacerdotale à la veille de sa Passion : « Père, qu’ils soient un comme nous » (Jn 17, 11) ; « Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux. » (Jn 17,26).
Religion par excellence du corps, le christianisme célèbre l’étreinte de Dieu avec l’humanité réalisé dans le corps de Jésus, corps douloureux dans la Passion, lumineux dans sa résurrection, avec l’énergie de l’Esprit Saint envoyé par le Père.
Le corps glorieux de Jésus intègre les croyants en son nom qui en deviennent ses membres, le Christ total, formé de la Tête et des membres : les fidèles.
Si pour certaines religions, il est impensable que Dieu assume un corps humain dans sa vulnérabilité, et encore moins qu’il subisse la douleur ou la mort, le christianisme accueille la révélation déployée par Jésus le Christ. Dieu s’unit à la nature humaine pour que la nature humaine s’unisse à Dieu. Fruit de la grâce et de la miséricorde divine, Jésus ressuscité le manifeste à Marie-Madeleine dans le jardin de Jérusalem : « Va trouver mes frères et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » (Jn 20, 17).
Renversé sur le chemin de Damas par la lumière éblouissante de Jésus ressuscité, Paul de Tarse vit l’expérience de la présence aimante de Jésus vivant qui s’identifie aux chrétiens persécutés (cf. Ac 9).
Pharisien, formé à Jérusalem par le grand maître Gamaliel, Paul commente ainsi les versets de la Genèse : « ‘L’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et les deux ne feront qu’une seule chair’ : ce mystère est de grande portée ; je veux dire qu’il s’applique au Christ et à l’Église » (Eph 5,31-32).
Dans le Cantique des Cantiques, la bien-aimée s’exclamait : « Son bras est sous ma tête et sa droite l’étreint » (Ct 2,6). Par l’amour du Christ Jésus, l’Église célèbre l’étreinte avec Dieu. Les paroles de la prière eucharistique au cours de la messe mettent en lumière cette union humaine et divine : « Regarde, Seigneur, le sacrifice de ton Église, et daigne y reconnaître celui de ton Fils qui nous a rétablis dans ton alliance ; quand nous serons nourris de son corps et de son sang et remplis de l’Esprit Saint, accorde-nous d’être un seul corps et un seul esprit dans le Christ » (Prière eucharistique III).
Saint-Denis/ La Réunion, le 21 octobre 2020.
L’Ordre des Dominicains : Prêcheurs au cœur du monde
Bienvenue sur le site de la Province de Toulouse des Dominicains. Saint Dominique a fondé notre famille religieuse il y a plus de 800 ans. Aujourd’hui, l’Ordre des Prêcheurs rassemble des frères engagés. En effet, nous nous consacrons à la prière et à l’étude. De plus, nous annonçons la Parole de Dieu. Découvrez notre histoire et notre spiritualité. Ensuite, explorez nos missions en France et à l’international.
Qui sont les frères Dominicains ?
Les Dominicains sont des religieux catholiques. Concrètement, notre vocation se tourne vers la recherche de la Vérité (Veritas). Par exemple, nous suivons les traces de Saint Thomas d’Aquin. Ainsi, notre vie cherche le dialogue constant avec nos contemporains. Cependant, contrairement aux moines cloîtrés, les frères prêcheurs vivent au cœur des villes. C’est pourquoi nos couvents restent ouverts sur le monde. Notre vie s’appuie sur quatre piliers :
- D’abord, la prière liturgique et personnelle.
- Ensuite, l’étude assidue de la théologie et de la société.
- Par ailleurs, la vie fraternelle en communauté.
- Enfin, la prédication pour partager nos réflexions.
Nos couvents et nos engagements
Désormais, la famille dominicaine porte de multiples projets. Depuis nos lieux de vie, nous animons des paroisses et des aumôneries. C’est notamment le cas au couvent de Marseille ou à Bordeaux. De même, nous soutenons des centres de solidarité. Pour tout découvrir, n’hésitez pas à consulter le programme de nos activités.
Par ailleurs, nous sommes très présents dans le monde numérique. Notre but est de porter l’Évangile au plus grand nombre. Par exemple, le portail Retraite dans la Ville propose une halte spirituelle en ligne. De fait, des milliers d’internautes nous suivent toute l’année.
Découvrir notre spiritualité et suivre notre actualité
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